Brusquement, ses doigts ont cessé de tapoter la table. « Vous êtes en train de me faire passer une audition juridique ? Toutes ces histoires-là relèvent de la justice. Je n’ai rien à dire, si ce n’est que je n’y suis pour rien ! » Avec son long tricot beige, ses grosses lunettes et son téléphone portable pendu au cou, Serge Dassault, 88 ans, a l’air d’un grand-père s’apprêtant à fêter Noël en famille. Mais il ne faut pas se fier aux apparences. « Sergio », comme le surnomment ses intimes, n’est pas du genre papy-gâteau. Classé 5e fortune française (12,8 milliards d’euros), l’héritier de l’avionneur Marcel Dassault sait se montrer cinglant quand les questions lui déplaisent.
Ce 21 décembre, il a accepté de recevoir « le Nouvel Observateur » à la mairie de Corbeil-Essonnes. Le milliardaire n’est plus maire de cette ville de 43.000 habitants depuis que le Conseil d’Etat, en 2009, a invalidé son élection. Il continue pourtant à occuper son ancien bureau – loué 3.000 euros par mois -, où il a accroché les toiles aux motifs naïfs de Pierre Scholla, un peintre local.
Habituellement enjoué, l’avionneur est particulièrement maussade. Il vient d’apprendre que le Brésil n’achèterait pas ses Rafale. Mais ce n’est pas cela qui l’empêche de dormir.
Non, ce qui le mine, ce sont ses démêlés judiciaires, qui prennent un tour de plus en plus rocambolesque. Il ne se passe plus une semaine sans qu’une vidéo pirate ou un nouveau témoignage vienne alimenter un incroyable polar, révélant les coulisses de sa carrière politique. Soupçons d’achat de voix, « dons » qui se chiffrent en millions, valises de billets qui sortent du Liban… Sans compter les supposées extorsions de fonds, insultes, menaces de mort, tentatives de meurtre commises par ceux qui prétendent l’avoir aidé à devenir maire. M. Dassault au pays des voyous. Comment a-t-il pu en arriver là ? Mêmes ses enfants sont inquiets. « Papa est dans de sales draps, a confié l’un de ses fils à un ami. Mais les juges ne vont tout de même pas mettre un presque nonagénaire derrière les barreaux ! »
La hantise de « Sergio »
Le 4 décembre dernier, les juges Serge Tournaire et Guillaume Daïeff ont adressé au Sénat une demande de levée d’immunité parlementaire du milliardaire, ouvrant la voie à une possible garde à vue. La hantise de Serge Dassault. Les magistrats enquêtent sur les conditions dans lesquelles le sénateur UMP puis son bras droit, Jean-Pierre Bechter, ont remporté les élections de 2008, 2009 et 2010. Le bureau du Sénat a rejeté cette demande le 8 janvier. Une première tentative avait échoué. Cette fois, les juges, soutenus par le parquet, sont persuadés que le propriétaire du « Figaro », si puissant soit-il, ne pourra leur échapper.
J’ai toujours dit que les juges pouvaient m’entendre quand ils le souhaitaient, plaide Serge Dassault, de cette voix chuintante reconnaissable entre mille. Il n’y a pas besoin de lever l’immunité pour cela… »
A peine esquissé, ce commentaire semble déjà lui peser. Il faut lui arracher chaque mot au forceps. Postée derrière le fauteuil de l’ancien maire, Willbie, la fidèle secrétaire, couve le vieux monsieur du regard tandis que Pascal Boistel, directeur de cabinet de Jean-Pierre Bechter, vole à son secours : « Tout cela, c’est politique ! L’enjeu c’est la garde à vue. On veut humilier M. Dassault ! » L’intéressé acquiesce. Quand il n’invoque pas la « manip politique », l’arrivée dans le dossier d’avocats marqués à gauche ou le parti pris des médias – hormis « le Figaro », qui traite l’affaire a minima -, il se dit « victime de harcèlement et de racket par une bande de voyous ». Victime, vraiment ?
Mépris paternel
L’histoire de Serge Dassault à Corbeil-Essonnes, c’est celle d’un richissime industriel qui a joué avec le feu en s’imaginant que l’on pouvait régler tous les problèmes avec de l’argent. L’histoire d’un patron ultralibéral qui n’a pas su – ou pas voulu – ériger de frontière nette entre ses activités publiques et ses deniers personnels. C’est aussi, en arrière-plan, un conte cruel aux accents freudiens. Héritier du mythique Marcel Dassault, constructeur du premier avion à réaction français, Serge a beaucoup souffert du mépris paternel. Devenu père à son tour, il a reproduit le schéma, reprochant à ses enfants d’être des bons à rien. Sa rivalité avec son fils aîné, Olivier, entré lui aussi en politique et devenu le chouchou du grand Marcel, est légendaire.
Joël Roret, alors adjoint à la mairie de Corbeil-Essonnes, se souvient avec stupéfaction de la réaction de Serge Dassault, le soir des législatives de 2002, quand Olivier lui a annoncé qu’il venait d’être élu pour la troisième fois député de l’Oise. « Petit con, tu me fais chier, cela n’a aucune importance », lui a répondu Serge, furieux d’avoir été lui-même battu par le socialiste Manuel Valls dans sa circonscription de l’Essonne. C’est aussi à travers ces noeuds oedipiens qu’il faut lire la saga politique de « Sergio » : Marcel était mort doyen de l’Assemblée nationale ; Olivier avait réussi là où il avait échoué ; lui mettrait tous les moyens à sa disposition pour devenir sénateur, à vie ! Mission accomplie en 2004. Mais, pour cela, il fallait garder Corbeil. A tout prix.
Corbeil ? Un ancien fief du PC. « L’Oise [la circonscription de Marcel], je trouvais que c’était un peu loin de Paris, commente Serge Dassault. Je ne voulais pas d’une succession. Je voulais quelque chose de spécial. » Quoi de plus exotique qu’une ville réputée imprenable ? Et quoi de plus radical pour « tuer le père » ? Déporté à Buchenwald, Marcel Dassault, né Bloch, avait été sauvé par les communistes. Serge, lui, combattrait les « rouges » par les urnes. « Vous feriez mieux de vous présenter à Neuilly plutôt qu’à Corbeil-Essonnes… Vous ne gagnerez jamais ! » lui avait asséné Georges Marchais lors d’une fête à l’ambassade de Russie, où le secrétaire général du PC et l’industriel avaient trinqué à la vodka.
Fabuleuse conquête
Mais Dassault junior s’est acharné à livrer bataille dans cette banlieue réputée difficile. Et ses collaborateurs du « Rond-Point », l’hôtel particulier des Champs-Elysées d’où il pilote la holding GIMD (Groupe industriel Marcel Dassault), ont dû s’incliner devant cette passion dévorante. Il ne leur a pas laissé le choix. Nicole, l’épouse dévouée, a été commise aux campagnes et aux soirées électorales ; Marie-Hélène, l’unique fille, a été enrôlée comme adjointe lors de son premier mandat. Quant à Jean-Pierre Bechter, il devra abandonner son confortable bureau du « Rond-Point », en 2009, pour garder au chaud le fauteuil de maire de Corbeil, lorsque Dassault sera frappé d’inéligibilité.
Aujourd’hui encore, les yeux de l’octogénaire brillent quand il raconte sa fabuleuse conquête. Malgré son immense fortune, il a mis dix-huit ans avant de pouvoir ceindre l’écharpe tricolore, en 1995, à la quatrième tentative. Dix-huit ans à arpenter les marchés, discuter dans les bistrots, faire du porte-à-porte à Montconseil, monter et descendre les quinze étages des HLM des Tarterêts. Ah, les Tarterêts ! Dans cette cité de 12.000 habitants au taux de chômage élevé, coincée entre la Seine et la nationale 7, le fils de riche se sent comme chez lui. Parce qu’il y trouve la chaleur qui lui a manqué enfant ? Parce qu’il se veut proche des « minorités », lui qui a été interné adolescent à Montluc puis à Drancy avec sa mère et son frère aîné ? Parce que c’est plus excitant, plus « spécial », pour reprendre son expression, de déjeuner au restaurant chinois du centre commercial de la Montagne-des-Glaises que de se faire servir tous les matins à 8 heures des oeufs brouillés aux truffes ? Ou tout simplement parce qu’il aime cette double vie ? Un jour à Las Vegas pour dévoiler le nouveau jet Falcon 5X, le lendemain dans le salon d’un chef de famille africain pour le convaincre de renoncer à la polygamie. Un autre jour plaidant auprès de Brice Hortefeux, alors ministre de l’Intérieur, la cause de « ses » immigrés en mal de visa. « Hortefeux a failli s’évanouir », se marre le milliardaire.
Aujourd’hui, il n’est plus maire de Corbeil, mais il en reste le seigneur qui accorde les indulgences. « Vous en connaissez beaucoup des grandes fortunes qui consacrent leur argent aux Noirs, aux Arabes et aux handicapés plutôt que d’investir dans les collections de peintures ? » lance son ami et successeur Jean-Pierre Bechter.
Caillassé aux Tarterêts
Bien décidé à faire des Tarterêts la vitrine de sa réussite, Serge Dassault a vite compris qu’il devrait apprivoiser les habitants de cette cité considérée comme l’une des plus dangereuses de l’Essonne. « Tartezoo » – surnommée ainsi par les jeunes en hommage à « Brooklyn Zoo » du rappeur américain Ol’ Dirty Bastard – lui a d’abord réservé un accueil peu engageant. Caillassé, Serge Dassault est reparti le crâne en sang. Il est revenu, des cadeaux plein les poches, pour amadouer ses futurs électeurs. Après tout « papa Marcel » ne pratiquait-il pas lui aussi, dans sa circonscription de l’Oise, la politique des petits billets ? C’est quand on croit avoir réglé son oedipe qu’il revient au galop…
Serge Dassault est-il un naïf égaré en politique ou un homme d’affaires cynique qui a transformé les élections en commerce ? Très vite, en tout cas, les ingrédients du scandale qui éclate aujourd’hui sont réunis.
Beaucoup ont tiré la sonnette d’alarme. « Le milliardaire a attisé les rivalités entre cités, écrit Lamence Madzou, ancien habitant de Corbeil et chef de bande repenti, dans un récit autobiographique paru en 2008 (1). Les jeunes des Tarterêts bénéficiaient de tous les avantages que pouvait leur offrir la municipalité : vacances gratuites, projets à profusion, aides en tous genres. Ceux de Montconseil avaient l’impression que plus on cassait, plus on était récompensé. Alors c’est ce qu’ils ont fait, eux aussi. » Résultat : « Les jeunes les plus violents se retrouvaient en vacances à Atlanta. » Engrenage fatal. Quand les jeunes ont compris qu’ils avaient mis la main sur la « poule aux oeufs d’or », ils ont décidé de ne plus la lâcher.
« On est allé voir le Vieux »
Une première alerte judiciaire aurait dû ébranler le sénateur-maire. En 2007, Tracfin, la cellule de Bercy chargée de lutter contre le blanchiment, note d’étranges mouvements financiers. Serge Dassault a versé 500.000 euros sur le compte personnel d’un de ses conseillers municipaux, Samba Diagouraga.
Samba Diagouraga, ancien conseiller municipal de Corbeil-Essonnes, pose tout sourire avec son bienfaiteur dans un Falcon. Aujourd’hui, il vit à Bamako où il fait du business. (DR)
Issu d’une famille de 17 enfants des Tarterêts, ce dernier est, à en croire sa page Facebook, un fervent admirateur de l’avionneur. De là à recevoir un cadeau aussi conséquent… Explications de Serge Dassault : cet argent est un prêt destiné à financer des « actions humanitaires » et des « projets industriels » au Mali. Le parquet classe l’affaire sans suite, mais les langues se délient.
Des proches de Dassault commencent à pointer les dérives du système. Ancien adjoint à la mairie de Corbeil jusqu’à sa démission forcée en 2006, Joël Roret raconte comment il a vu un trafiquant notoire débouler dans son bureau en réclamant l’argent que Serge Dassault lui avait promis. « Ce n’est pas compliqué, dit-il, quand je refusais un projet aux jeunes, ils me riaient au nez en disant : ‘Tu sers à rien, on est allé voir le Vieux, on a eu ce qu’on voulait.' »
De telles scènes, les élus peuvent en rapporter des dizaines. Un groupe de jeunes a même envahi le conseil municipal, obligeant l’hôtel de ville à se doter d’un système de surveillance avec gros bras à l’entrée et portes verrouillées dans les étages. « Ce ne sont pas des mauvais gosses, pondère Claude Houblou, l’ancien président du club de rugby à XIII de Corbeil-Essonnes. Je les connais bien je les ai quasiment tous vus passer dans le club. On avait réussi à les convaincre de faire des chantiers jeunes, payés 250 euros la semaine, pour se payer leur licence et leurs maillots. Mais Serge Dassault a tout pourri en leur donnant l’opportunité de gagner beaucoup plus avec moins d’effort. L’argent les a rendus dingues. Et maintenant ils s’entre-tuent tous. »
Double tentative de meurtre
Cinq cents mille euros par-ci, 2 millions par-là… « M. Dassault » distribue des sommes astronomiques comme s’il s’agissait d’argent de poche. Certes, les groupes d’armement n’ont jamais rechigné à mettre de l’huile dans les rouages. Mais, cette fois, le jeu est allé trop loin. Les règles dans le monde des affaires ne sont pas celles des banlieues. La machine s’emballe début 2013. Une double tentative de meurtre sert de détonateur. Les trois hommes autour desquels se noue aujourd’hui le drame de Corbeil se connaissent bien, mais ils ne sont pas dans le même camp : d’un côté, la bande des protégés de Serge Dassault, celle qui a su s’attirer ses bonnes grâces ; de l’autre, la bande des anciens amis du milliardaire, celle qui dénonce « le système de corruption » parce qu’elle n’en a pas – ou pas assez – croqué.
Le 19 février 2013, Younès Bounouara, 40 ans, ex-leader des Tarterêts devenu entrepreneur, propriétaire d’une belle maison tout en marbre avec cinéma au sous-sol, est attablé au bar du Palais, en plein centre-ville, lorsqu’il voit une voiture et ses quatre occupants se garer dans la rue. Bounouara, qui se dit harcelé depuis des mois par la bande ennemie, pète les plombs. Il tire trois balles de calibre 38 en direction de la voiture. L’un des passagers, Fatah Hou, un boxeur amateur de 32 ans, est grièvement blessé ; un autre, René Andrieu, 61 ans, sent une balle siffler à deux doigts de sa tête.
Avant cet épisode qui lui vaut aujourd’hui d’être incarcéré, le nom de Younès Bounouara est déjà apparu à plusieurs reprises dans des procédures concernant Serge Dassault. Il a été condamné à une amende pour avoir menacé de mort en 2007 l’élu communiste Bruno Piriou, opposant historique de Dassault à Corbeil. Doté d’une énergie et d’un bagout hors du commun, le jeune beur, surnommé « Gros Lézard » dans les cités, fait partie de la garde rapprochée du sénateur depuis 1995.
« Tontons Flingueurs »
René Andrieu aussi est une vieille connaissance de Serge Dassault. Ce sexagénaire digne des « Tontons Flingueurs » – il a purgé onze ans de prison aux Baumettes et à Fresnes pour une série de braquages – a été présenté au sénateur par le juge d’application des peines Albert Petit. En 1995, fraîchement élu président de l’Association des Jeunes des Tarterêts (AJT), René Andrieu, qui avait alors une épaisse tignasse noire, s’était plaint face à la caméra de Daniel Karlin et Rémi Lainé, auteurs d’un long documentaire sur Corbeil diffusé en 1995, de l’inaction de la municipalité communiste. Sous l’œil goguenard de Serge Dassault.
Extrait du documentaire de Daniel Karlin et Rémi Lainé consacré à la ville de Corbeil-Essonnes, « Du côté de chez nous », où René Andrieu, l’homme qui a piégé Serge Dassault en caméra cachée, apparaissait en 1995. (capture d’écran)
Le soir de la victoire, Andrieu est convié avec d’autres loulous à fêter les résultats dans la propriété de l’industriel. Quelques mois plus tard, l’ancien taulard se fait prendre avec 3,5 kilos de cannabis (un coup monté selon lui). Serge Dassault, qui trouvait ce « garçon gentil à l’époque », comme il le dit au « Nouvel Observateur », demande au fidèle Jean-Pierre Bechter, toujours chargé des missions délicates, d’exfiltrer l’encombrant Andrieu en Corrèze. Ancien préfet et chef adjoint du cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris, Bechter dispose de nombreuses connexions politiques dans ce département.
Mécontent du sort qui lui a été réservé – il n’aurait pas eu le salaire et le logement promis -, Andrieu, qui émarge au RMI, végète quinze ans en Corrèze, avant de revenir à Corbeil-Essonnes en 2011. Mais, pendant sa très longue absence, Serge Dassault a trouvé d’autres relais pour pénétrer les cités. Le montant des « dons » consentis par le « Vieux » suscite bien des convoitises. Andrieu ourdit sa vengeance. Il décide, avec le boxeur Fatah Hou, de « piéger » Serge Dassault. Ils s’invitent dans le bureau de l’ancien maire, munis d’une caméra cachée…
Piège
La scène, qui a lieu le 10 novembre 2012 à l’hôtel de ville, est hallucinante. Les deux visiteurs viennent réclamer leur « dû ». Ils disent avoir fait la campagne de 2010 pour Jean-Pierre Bechter et se plaignent de ne pas avoir été rétribués. Le ton est à la fois complice et menaçant. Les deux caïds accusent Younès Bounouara, le nouvel homme à tout faire de « Sergio » dans les cités, de ne pas avoir redistribué l’argent aux « petites mains » et de l’avoir gardé pour son seul profit. Ils disent savoir que Bounouara est allé chercher 1,7 million d’euros au Liban. « L’argent a été donné complètement, je ne veux plus donner quoi que ce soit à qui que ce soit, rétorque Dassault. Il n’y a plus de Liban. Tout est terminé […]. Le responsable, c’est Younès. Moi, j’ai fait ce qu’il fallait ! Et après, si cela a été mal réparti, c’est pas de ma faute. Je vais pas payer deux fois… » Et de poursuivre par cet incroyable aveu : « Je ne peux rien sortir, je suis surveillé par la police. » Serge Dassault ne sait pas dans quel piège il s’est fourré.
Trois mois plus tard, les visiteurs de l’hôtel de ville seront pris pour cible par Bounouara. Cette fusillade du 19 février 2013 n’est d’ailleurs pas la première. Un jeune homme de 33 ans, Rachid Toumi, a été blessé par balles en janvier 2013. Lui aussi fait le lien entre cette tentative d’homicide et les soupçons d’achat de votes. Il n’est pas le seul : Mamadou Kebbeh, autre protagoniste de ce feuilleton, a aussi détaillé le système auprès des juges. Pourtant, Serge Dassault a avoué lui avoir versé 1,2 million d’euros pour qu’il cesse de harceler et d’insulter ses enfants et petits-enfants par sms. Les liaisons dangereuses du milliardaire ont fini par éclabousser tous les membres de la dynastie !
Nouveau rebondissement dans cette affaire tentaculaire : le 2 janvier, le boxeur Fatah Hou, désormais partiellement paralysé, a déposé plainte contre Serge Dassault, Jean-Pierre Bechter et Machiré Gassama, adjoint aux sports de Corbeil, pour association de malfaiteurs.Fait intéressant, Hou était déjà impliqué, avec un autre occupant de la voiture criblée de balles en février dernier, dans la procédure du Conseil d’Etat ayant abouti à l’invalidation de Serge Dassault pour dons non déclarés, en 2009. Mais le boxeur et les quatre autres jeunes qui avaient assuré par écrit pouvoir décrire le système d’achat de votes se sont finalement rétractés quand ils ont appris qu’il leur faudrait témoigner à visage découvert. Serge Dassault, qui avait obtenu d’être auditionné par les conseillers du Palais-Royal, était lui venu accompagné de « témoins à décharge », parmi lesquels… Younès Bounouara, Samba Diagouraga (l’élu aux 500.000 euros) et Hamza Bouguerra, un autre conseiller municipal de Corbeil mis en cause dans ces affaires.
Encore un petit billet ?
Quatre ans plus tard, le vieux monsieur n’en revient toujours pas d’avoir été condamné par le Conseil d’Etat. Oui, il a fait une trentaine de dons. Et alors ? « C’est mon argent, je fais ce que je veux, martèle-t-il en cette fin décembre 2013. Il y a des gens qui font de la politique pour gagner de l’argent ; moi, c’était pour en perdre. » Pourquoi la justice vient-elle lui chercher des poux ? « Il est très généreux, disait déjà Thérèse Simonot, l’une de ses premières supportrices, dans le documentaire de Karlin et Lainé. Moi, je l’ai vu donner combien de chèques ? Il y avait le social. Les gens dans la misère venaient lui demander de l’argent ? Il donnait. Les notes d’électricité, les notes de loyer ? Il payait. Les gens couraient après lui, ils disaient : ‘Je n’ai pas à manger.’ Il appelait son chauffeur ou son garde du corps, et je l’ai vu combien de fois sortir un billet de 500 francs ! » Serge, en digne successeur de Marcel, ne voit pas où est le problème…
C’est pourtant bien cette manière de faire de la politique qui se retourne aujourd’hui contre lui. Les petits voyous qui le soutiennent ou le font chanter l’ont bien compris : s’il y a encore du fric à se faire, c’est maintenant ou jamais. En mars prochain ce sera la « der des der ». La dernière élection du milliardaire des Tarterêts, qui n' »exclut pas » de se représenter aux municipales, ou à défaut, celle de son fidèle Bechter. En attendant, « Sergio » ne se déplace plus dans sa ville sans une armada de gardes du corps.
(1) « J’étais un chef de gang », de Lamence Madzou, La Découverte.
Plainte pour « association de malfaiteurs »
Fatah Hou, le boxeur victime d’une tentative d’assassinat en février 2013 sur fond de soupçon d’achat de vote, n’y est pas allé de main morte. Le 2 janvier, il a déposé plainte pour « association de malfaiteurs » à l’encontre de Serge Dassault. Il accuse l’industriel et sénateur UMP d’avoir pris part à un stratagème en vue d’organiser son arrestation au Maroc et celle de deux autres habitants de Corbeil, dont Mamadou Kebbeh, l’homme auquel Serge Dassault a versé 1,2 million d’euros pour qu’il arrête de harceler sa famille. Objectif : les éloigner de Corbeil, accuse Hou. La plainte, qui vise également Jean-Pierre Bechter, l’actuel maire, et Machiré Gassama, son adjoint aux sports, s’appuie sur des écoutes entre ces deux hommes. « Je sens que, quand ils vont arriver au Maroc, ils vont être surpris de l’accueil… à la descente de l’avion », déclare Bechter, après avoir demandé à Gassama de lui fournir les adresses précises des « loustics ». Bechter explique qu’il doit les transmettre à Riad Ramzi, un diplomate marocain en poste à Paris. Ce dernier aurait promis à Dassault, au cours d’un déjeuner au « Rond-Point » (siège du groupe), de « s’occuper » de ces gens qui le » ont chanter ». Si menace il y a eu, elle n’a pas été exécutée. Fatah Hou devait partir au Maroc le 5 mars 2013. Il s’est fait tirer dessus quelques jours plus tôt par Younès Bounouara. Incarcéré à la Santé, ce dernier a confirmé lors de sa première comparution avoir appris par Machiré Gassama que le boxeur et les deux autres Corbeillois allaient se « faire arrêter au Maroc pour racket ». Serge Dassault dénonce « une instrumentalisation judiciaire ».
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Source Article from http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20140110.OBS1995/monsieur-dassault-au-pays-des-voyous.html
Source : Gros plan – Google Actualités
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